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A bientôt...
Bénédicte
23 avril, 2007
28 février, 2007
Histoire d'un clown triste
Pour un concours de nouvelles.
Impératif ; doit faire moins d'une page et insérer les mots suivants : abricot, amour, bachi bouzouk, bijou, bizarre, chic, clown, mètre, passe-partout, valser.
* * * * * * * *
Elle tressaute, dans son sommeil. P’tit Gus l’observe d’un œil critique en croquant un abricot, petit bout par petit bout.
- Elle est mignonne, hein ? demande Grand Gus en caressant la petite boule de poil. Un véritable amour.
Le chaton émet un miaulement chétif et passe une patte sur par-dessus sa tête, gênée par le bruit des voix.
- Elle s’appelle comment ? répond P’tit Gus. C’est vrai qu’elle est toute mignonne ! J’aime bien sa couleur un peu passe-partout.
- La couleur, on dit que c’est une écaille de tortue. Elle s’appelle Bachi-bouzouk.
- Mais ce n’est pas un prénom de femelle, ça ! proteste le garçonnet.
- Il est vrai. Mais tu ne le trouves pas rigolo ?
- Un peu bizarre quand même, Bachi-bouzouk. Et puis c’est un prénom de chat, pas de chatte. Pourquoi pas Tigresse, Veloutée, Betty Boop ou Croquette ?
- Ce serait trop facile. Regarde bien son pelage. Elle a une étoile blanche sur le front, on dirait un petit bijou, c’est vraiment ravissant ! Et puis elle est si douce qu’on la mangerait.
- Je peux la prendre dans mes bras ?
- Bien sûr. Mais fait attention.
- Oui, Papa, répond P’tit Gus.
- C’est un bébé : il ne fait pas faire de mal aux bébés.
- Oui, Papa.
- Et si tu promets d’être sage, elle est pour toi.
- Oh, c’est vrai ? Chic, chic, chic ! s’exclame P’tit Gus, débordant de joie. Bachi-bouzouk est à moi ! Bachi-bouzouk est à moi !
Son père l’observe et sourit. Le petit clown ne mesure pas plus d’un mètre trente de hauteur. Si pur, si candide. Comme tous les enfants, un peu sale, un peu débraillé. Son sourire devient carnassier.
- Dis Papa ?
- Oui, P’tit Gus.
- Je dois faire quoi pour être sage ?
- Viens, P’tit Gus, approche. Je vais tout t’expliquer. Viens valser dans la salle de bain avec Papa.
04 février, 2007
Toi émoi.
Comme une mouche posée sur ta bouche
Petit grain de peau chocolat
Vois, tout près de toi je me couche
Comme une mouche posée sur ta bouche
Que d’un doigt j’effleure et je touche
Amoureux fou de ta peau, là :
Comme une mouche posée sur ta bouche
Petit grain de peau chocolat.
Petit grain de peau chocolat
Vois, tout près de toi je me couche
Comme une mouche posée sur ta bouche
Que d’un doigt j’effleure et je touche
Amoureux fou de ta peau, là :
Comme une mouche posée sur ta bouche
Petit grain de peau chocolat.
30 janvier, 2007
Extrait de "Vue d'enfant, vie d'adulte"
Voilà, il recommençait. Pourtant je faisais tout pour ne pas entendre. Mes mains plaquées sur mes oreilles, je me tenais à genoux, dans ma chambre, fermant les yeux très forts et priant ma bonne étoile. Je l’entendais, pourtant. Il recommençait.
Je devais prendre mon courage à deux mains… Malgré la peur qu’il m’inspirait. Je décidais alors d’aller sans faire de bruit, le plus doucement possible, près de la rampe du haut de l’escalier, pour l’écouter.
Des raclements. De la vaisselle brisée, suivie de cris rauques. J’avais une peur terrible d’apercevoir l’irréparable, et pourtant, oui pourtant, mes yeux étaient grands ouverts. Je n’avais pas envie, pas vraiment, mais je devais voir… Je devais le voir pour m’en rendre compte. Il allait peut-être se faire mal, il allait peut-être dormir sur le sol, comme ça lui arrivait parfois.
La maison était vide, hormis Papa et moi. A pas de loups, je descendis l’escalier de bois, tout doucement pour ne pas le faire craquer. Je l’entendais parler tout seul. Ses mots étaient saccadés, ses phrases indistinctes. On aurait dit qu’il avait quelque chose dans la bouche. J’ai pensé à du coton. Comment pouvait-il avaler du coton ? Et puis j’ai compris. Il n’y avait pas de coton, sa voix s’était transformée avec l’alcool et les médicaments. Pâteuse, un peu étouffée, et plus grave qu’à l’ordinaire. Ce n’était pas la voix de mon Papa, ce n’était pas la même voix que d’habitude. Pourtant, elle y ressemblait étrangement…
En bas de l’escalier, toujours à pas feutrés, j’avançais méthodiquement, pas à pas, les jambes flageolantes, le cœur cognant fort dans ma poitrine. Les bruits de verre continuaient ; ça clique tiquait par saccade, et puis soudain, un rire dément se fit entendre. Le serpent de la peur glissa le long de ma colonne vertébrale, et un goût de bile me vint dans la bouche. Je plaquais mes mains sur mes lèvres, les deux, très fort. Et je continuais d’avancer. Je longeais le mur crépis blanc, les yeux remplis de terreur, m’attendant à chaque instant à trouver mon Papa agonisant.
Je le vis soudain, éclat de cauchemar.
Allongé sur les carreaux de la cuisine, nu, la tête renversée sur le côté, presque sous la table. Il essayait de tourner son visage et de se relever mais n’y arrivait pas. Il fouettait l’air de ses bras, tentant désespérément de se mettre debout. Et il riait, riait, à gorge déployée. Quand il ne riait pas, il mâchait des mots indigestes, la bouche cotonneuse grande ouverte, un filet de bave coulant sur son menton, l’haleine empestant l’alcool et les gitanes. Autour de lui, de la vaisselle cassée était éparpillée, créant une auréole de porcelaine de part et d’autre de son visage. Il ne semblait pas s’en soucier, il continuer de fouetter l’air de ses bras, parfois de ses jambes, et sa nudité formait un tableau tellement grotesque que ma peur disparue, laissant place à un profond sentiment de colère.
Je me précipitais vers lui en hurlant :
« Papa ! Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu es malade ! Vas dans ton lit !
- Bé… Dou… ? ‘Ai cass…ssé… la vaièlleeeee… Les… ailletteeeees sont… cass…ssées…
- Je vois que les assiettes sont cassées ! Mais s’il te plaît, va te coucher ! S’il te plaît !
- ‘E… peux… pas, Bé…Dou… »
J’allais vers lui, et bien que son corps rempli d’alcool me répugnait, décidée, je le tirai par le bras pour l’aider à se relever. Peine perdue. Il était trop lourd pour moi. Je devenais rouge à force d’essayer, et Papa finissait par rire de son rire de dément avant de retomber lourdement sur le carrelage, s’enfonçant par ci par là de minuscules morceaux de porcelaine dans son dos nu.
Ma tête bourdonnait, je pensais à toute allure. Maman, que va dire Maman ? Et si je n’y arrivais pas ? Et s’il avait avalé trop de comprimés ? Et s’il allait vomir ? Ou pire encore… Je ne voulais pas trop y penser, mais c’était plus fort que moi, tout tournait autour de moi. J’avais l’impression de tomber dans un gouffre sans fond.
Partir, partir loin… Sortir de la cuisine, se retrouver sur la terrasse, courir au fond du jardin, aller retrouver mes pigeons, prendre Noiraud, le laisser se blottir dans mon cou… Ou simplement écouter les cigales, assise, comme d’habitude, sur le tronc d’arbre coupé, avec mon livre sur les genoux. Et puis, enfin, savourer cette fin de journée de printemps qui avait si bien commencé. Oublier, en somme… Se serait si facile ! Impossible. Voilà le mot qui me trottait dans la tête. Impossible, c’est impossible d’oublier. Ce sera à jamais dans ma mémoire, noir sur blanc, coincé dans mon cerveau sans option de retour. Papa nu, affalé sur le sol, la tête entourée de vaisselle brisée, gigotant et riant comme un nouveau né, les yeux fous.
Je devais prendre mon courage à deux mains… Malgré la peur qu’il m’inspirait. Je décidais alors d’aller sans faire de bruit, le plus doucement possible, près de la rampe du haut de l’escalier, pour l’écouter.
Des raclements. De la vaisselle brisée, suivie de cris rauques. J’avais une peur terrible d’apercevoir l’irréparable, et pourtant, oui pourtant, mes yeux étaient grands ouverts. Je n’avais pas envie, pas vraiment, mais je devais voir… Je devais le voir pour m’en rendre compte. Il allait peut-être se faire mal, il allait peut-être dormir sur le sol, comme ça lui arrivait parfois.
La maison était vide, hormis Papa et moi. A pas de loups, je descendis l’escalier de bois, tout doucement pour ne pas le faire craquer. Je l’entendais parler tout seul. Ses mots étaient saccadés, ses phrases indistinctes. On aurait dit qu’il avait quelque chose dans la bouche. J’ai pensé à du coton. Comment pouvait-il avaler du coton ? Et puis j’ai compris. Il n’y avait pas de coton, sa voix s’était transformée avec l’alcool et les médicaments. Pâteuse, un peu étouffée, et plus grave qu’à l’ordinaire. Ce n’était pas la voix de mon Papa, ce n’était pas la même voix que d’habitude. Pourtant, elle y ressemblait étrangement…
En bas de l’escalier, toujours à pas feutrés, j’avançais méthodiquement, pas à pas, les jambes flageolantes, le cœur cognant fort dans ma poitrine. Les bruits de verre continuaient ; ça clique tiquait par saccade, et puis soudain, un rire dément se fit entendre. Le serpent de la peur glissa le long de ma colonne vertébrale, et un goût de bile me vint dans la bouche. Je plaquais mes mains sur mes lèvres, les deux, très fort. Et je continuais d’avancer. Je longeais le mur crépis blanc, les yeux remplis de terreur, m’attendant à chaque instant à trouver mon Papa agonisant.
Je le vis soudain, éclat de cauchemar.
Allongé sur les carreaux de la cuisine, nu, la tête renversée sur le côté, presque sous la table. Il essayait de tourner son visage et de se relever mais n’y arrivait pas. Il fouettait l’air de ses bras, tentant désespérément de se mettre debout. Et il riait, riait, à gorge déployée. Quand il ne riait pas, il mâchait des mots indigestes, la bouche cotonneuse grande ouverte, un filet de bave coulant sur son menton, l’haleine empestant l’alcool et les gitanes. Autour de lui, de la vaisselle cassée était éparpillée, créant une auréole de porcelaine de part et d’autre de son visage. Il ne semblait pas s’en soucier, il continuer de fouetter l’air de ses bras, parfois de ses jambes, et sa nudité formait un tableau tellement grotesque que ma peur disparue, laissant place à un profond sentiment de colère.
Je me précipitais vers lui en hurlant :
« Papa ! Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu es malade ! Vas dans ton lit !
- Bé… Dou… ? ‘Ai cass…ssé… la vaièlleeeee… Les… ailletteeeees sont… cass…ssées…
- Je vois que les assiettes sont cassées ! Mais s’il te plaît, va te coucher ! S’il te plaît !
- ‘E… peux… pas, Bé…Dou… »
J’allais vers lui, et bien que son corps rempli d’alcool me répugnait, décidée, je le tirai par le bras pour l’aider à se relever. Peine perdue. Il était trop lourd pour moi. Je devenais rouge à force d’essayer, et Papa finissait par rire de son rire de dément avant de retomber lourdement sur le carrelage, s’enfonçant par ci par là de minuscules morceaux de porcelaine dans son dos nu.
Ma tête bourdonnait, je pensais à toute allure. Maman, que va dire Maman ? Et si je n’y arrivais pas ? Et s’il avait avalé trop de comprimés ? Et s’il allait vomir ? Ou pire encore… Je ne voulais pas trop y penser, mais c’était plus fort que moi, tout tournait autour de moi. J’avais l’impression de tomber dans un gouffre sans fond.
Partir, partir loin… Sortir de la cuisine, se retrouver sur la terrasse, courir au fond du jardin, aller retrouver mes pigeons, prendre Noiraud, le laisser se blottir dans mon cou… Ou simplement écouter les cigales, assise, comme d’habitude, sur le tronc d’arbre coupé, avec mon livre sur les genoux. Et puis, enfin, savourer cette fin de journée de printemps qui avait si bien commencé. Oublier, en somme… Se serait si facile ! Impossible. Voilà le mot qui me trottait dans la tête. Impossible, c’est impossible d’oublier. Ce sera à jamais dans ma mémoire, noir sur blanc, coincé dans mon cerveau sans option de retour. Papa nu, affalé sur le sol, la tête entourée de vaisselle brisée, gigotant et riant comme un nouveau né, les yeux fous.
06 juillet, 2006
Ce que cache la nuit.
Le cœur chauffé à blanc, le vice se dessine dans ses yeux mauves. Là, allongée sur le sol, les jambes repliées sous son menton, les lèvres entrouvertes, elle se perd dans son abîme cérébral, savourant la moindre parcelle de rêve qui s’immisce en elle, honteuse, humiliante, tremblante, enfin. Et elle se laisse aller, douce vipère, archange maudit, dans une de ces nuits sans fin qui la ronge toute entière. Au comble des délices, elle s’endort au petit matin, des cernes sous les yeux, les mains molles, le corps fatigué, inerte. Elle sourit alors à la pointe d’aurore qui perce entre ses rideaux, heureux présage du jour nouveau, avant de sombrer dans un sommeil de plomb alourdit encore de rêves étranges, sensuels et nourrissants, au parfum tendre du souvenir.
10 juin, 2006
Sans Feuille D'Origine, aide-moi (rêves)
Ecriture Automatique, pour mon plaisir.
En voilà deux, deux nuits de suite. Elle ne sait pas pourquoi, peut-être parce que c'était trop facile... Enfin, je crois.
Le premier, fantasme véritable, ne sera pas dévoilé, ah non. Juste quelques mots, cadeaux délicieux, pour se souvenir, pour revivre ces moments d'intense émotion, ces moments où elle pensait que tout était vrai. Il en fut autrement, au réveil... C'est pourquoi elle a décidé d'oublier. Enfin... je crois. Et puis, c'est vite dit, oublier... Après un rêve pareil, comment est-ce possible ? Quand elle revoit les moindres détails, la douceur, la moiteur, l'envie, la beauté... Non, ça ne s'oublie pas. Je pense qu'elle allait un peu mieux... jusqu'à celui de cette nuit.
Le deuxième, véritable bric-à-brac, confondait les âmes. Du monde, encore du monde... Tellement de monde, à en avoir le tournis. Des personnes aimées, heureusement. Et puis elle se souvint de la pièce de monnaie. Je crois qu'elle m'a dit que c'était une pièce de 5 centimes. Une minuscule pièce, anodine, en apparence. Seulement, lorsqu'il lui a donné, il a insisté sur quelques mots... Elle a donc regardé attentivement les gravures et a déchiffré des lettres chéries, véritable baume dans son coeur meurtri. Et je me souviens maintenant de ses yeux qui pleuraient de joie, de son expression béate sur son visage, de son bonheur, enfin. Elle était si heureuse !
Quand j'y repense, elle a certainement eu tort, mais comment lui faire comprendre, sur le moment ? Ce n'était qu'un rêve... Je n'ai pas ce pouvoir-là. C'était un simple rêve, deux simples rêves, qui resteront imprimés, là, dans mon cerveau brûlant.
C'est un peu comme dit Gainsbourg :
C'est là à jamais sur le bloc
Notes de ma mémoire black
Sur white et quoique
Je fasse, ça me reviendra en flash back
Bordel, jusqu'à ce que j'en claque.
Oui, voilà, c'est un peu ça.
29 mai, 2006
Famine.
Manger la peau, la peau douce, manger la bouche, la bouche rouge, manger les yeux, les yeux soyeux, manger les mains, les mains fines, manger le cou, le cou blanc, manger la gorge, la gorge pure, manger le ventre, le ventre de velours, manger les cuisses, les cuisses entrouvertes, manger les pieds, les pieds si menus, puis manger tout, toujours.
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